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Le 15 octobre 2013, s’est tenu au sein de l’ESCP Europe à Paris, un événement dédié au New Deal Numérique.

Cette conférence-débat, organisée en partenariat par l’Institut Montaigne et l’ESCP Europe, prenait place dans la continuité des Assises de l’Entrepreneuriat, lancées par la Ministre Fleur Pellerin en janvier 2013 et lors desquelles le gouvernement avait annoncé une série de mesures visant à favoriser l’innovation et la création d’entreprises en France.

Cet ensemble de mesures cherche à dresser un agenda de chantiers axés sur le développement de l’économie numérique, le soutien au « Cloud computing », la promotion du Big Data et de ses enjeux.

L’événement du 15 octobre était structuré autour de trois tables rondes portant successivement sur les sujets du financement de la filière numérique, de la mutualisation des apports du Cloud et du Big Data, et enfin sur la question des enjeux de la propriété intellectuelle dans l’univers du web et la nécessité d’encourager l’innovation.

 

Quel financement pour la filière numérique en France ?

Dans un premier temps, l’atelier de réflexion sur le mode de financement de la filière numérique en France a permis de mettre en avant l’inadéquation du système bancaire français vis-à-vis du financement de l’innovation. Ainsi Mme Laëtitia Puyfaucher, président de l’agence de communication digitale Pelham Media, a souligné que les entreprises innovantes doivent se tourner vers des fonds de capital-risque et un écosystème d’acteurs de l’innovation regroupant pêle-mêle des Business Angels, des incubateurs et des accélérateurs d’entreprises.

Cet écosystème a émergé au cours des dix dernières années en France. Pourtant, il reste aujourd’hui insuffisant pour permettre à la France de se positionner au premier plan de l’économie mondiale de l’innovation, en raison d’une absence de réelle incitation fiscale sur le financement d’entreprises innovantes.

Par ailleurs, Mme Puyfaucher a rappelé qu’en France, les levées de fonds en capital risque sont d’un niveau très faible, plafonnant à 500 Millions d’Euros par an. Les responsabilités de cette situation semblent partagées. En effet, selon le troisième intervenant sur le sujet, M. Philippe Dewost, directeur adjoint de la mission « Programme d’Investissements d’Avenir » à la Caisse des Dépôts, les entrepreneurs français positionnent leurs stratégies à trop petite échelle. Rien qui fasse rêver les grands investisseurs. A l’inverse, aux Etats-Unis, les start-up, dès leur création, mettent en place des stratégies de marché à l’échelle mondiale et visent l’introduction en bourse sur le NASDAQ dans les cinq ans. Ce décalage d’ambition explique en partie le niveau largement supérieur des levées de fonds des start-up américaines.

Un autre aspect a été évoqué au cours de cette première table ronde : le retard numérique de la France dans le secteur du B2B, en dixième position européenne derrière la Pologne. La pénétration numérique sur le marché français est surtout liée au B2C et aux sites de e-commerce. Toutefois, l’ensemble des intervenants s’est accordé à insister sur le fait que les entreprises françaises n’ont aujourd’hui plus le choix. Si elles veulent rester compétitives, elles se doivent de repenser leurs stratégies de développement en les axant sur le numérique.

Enfin, Mme Marie Ekeland, co-fondatrice de l’association France Digitale, est revenue sur les deux piliers sur lesquels repose l’aide au développement des start-up en France : le Crédit Impôt Recherche et le statut de Jeune Entreprise Innovante. Toutefois ces aides trouvent aujourd’hui leur limite par l’inadéquation entre la notion de R&D, telle que définie par les institutions, et la réalité de l’économie numérique. En effet, dans l’univers des start-up, peu de brevets sont déposés, et les innovations sont cycliques. Ainsi, nombreuses sont les entreprises innovantes qui testent de nouvelles versions de leurs produits tous les trois mois. En conséquence, la notion de R&D reposant sur des brevets et de la recherche sur des cycles longs est mal adaptée à leur univers. Et remplir un dossier pour obtenir le Crédit Impôt Recherche relève souvent du parcours du combattant pour les créateurs de start-up.

En savoir plus sur l’auteur de l’article : Kieran Le Peron

 

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