MASTER DATA MANAGER

Le Master Data Manager a un rôle clé dans la transformation numérique des entreprises. Il doit s’assurer que les données internes sont fiables, cohérentes et en ligne avec les objectifs business.

Qu’est-ce qui fait aujourd’hui la valeur d’une entreprise ? De moins en moins son parc immobilier ou son équipement. A l’ère du Big Data, son patrimoine informationnel est regardé de près par les investisseurs. Les pure players du web en témoignent. Sans posséder une seule chambre, Airbnb pèse deux fois plus lourd que le groupe AccorHotels et ses 3 700 hôtels.

D’où l’importance de veiller à la qualité et à l’intégrité de ses données. Or, au fil du temps, des fusions-acquisitions et des revirements technologiques, une entreprise se retrouve avec de multiples bases de données. Elles viennent servir différentes applications métiers dédiées à la gestion de la chaîne logistique, aux ressources humaines, au service comptable ou à la direction des ventes dans des environnements hétérogènes.

Faire circuler une information fiable et intègre

Réconcilier ces données disséminées dans le système d’information, éliminer les doublons et les informations incohérentes ou inexactes : c’est tout le travail du Master Data Manager, ou gestionnaire des données de référence, que de s’atteler à l’harmonisation des données. On le retrouve plutôt dans des grandes entreprises confrontées à une forte volumétrie de données.

Le nom de Master Data Manager est lié l’utilisation des outils de Master Data Management ou MDM. « Master » puisqu’il s’agit de décloisonner les silos métiers et de regrouper les données de base – clients, fournisseurs, produits, comptables – au sein d’un référentiel unique, un fichier « maître ». Des mécanismes de contrôle et de validation garantissent l’exactitude des données. Ce travail d’harmonisation peut être déclenché par la mise en place d’un ERP ou d’un projet de conformité réglementaire.

Professionnel senior, le Master Data Manager doit avoir une bonne vision de l’urbanisation du SI mais aussi des enjeux business liés à la circulation de l’information. Fonction transverse, il est amené à échanger avec les différents métiers, de la finance à la logistique. Le MDM devra aussi faire preuve de pédagogie en diffusant de bonnes pratiques en matière de collecte et de partage de données.

Une fonction sensible mais rare

En soi, le Master Data Manager n’est pas forcément un nouveau métier. Il concentre plutôt des fonctions jusqu’alors réparties entre différents collaborateurs de la DSI, notamment le gestionnaire de bases de données. S’il a actuellement la cote, comme les autres les spécialistes de la data, le Master Data Manager reste une espèce rare. LinkedIn recense moins de 2 000 profils sous cet intitulé.

Il existe peu de cursus spécialisés à la sortie d’une école d’ingénieurs. On notera le master of science « data management » délivré par la Paris School of Business en partenariat avec l’Efrei et le mastère spécialisé « expert big analytics et métriques » de l’Université de technologie de Troyes (UTT). En formation continue, l’institut de formation Orsys dispense un cursus de master data manager en 8 jours.

Compte tenu de la rareté des profils, difficile de donner une grille de salaires. Selon les statistiques remontées par le site Glassdoor et les offres d’emploi publiées, la rémunération démarre autour de 40/50 K€ pour atteindre 80 K€ pour les profils très expérimentés.
 

Découvrez l’extrait du blog book “Ce qu’il faut savoir sur la transformation digitale en B2B”