marketeuse BtoB

Résumé des épisodes précédents :
Alice est marketeuse BtoB chez un grand opérateur télécom. Après des résultats en berne en 2015, le Président du groupe a fixé des objectifs très ambitieux pour développer l’activité BtoB sur le premier semestre 2016. (épisode 1) Pour tenter de les atteindre, Alice a mis en place un plan d’action de la dernière chance ! (épisode 2)

Les jours passent. Et moi, je passe mon temps enfouie sous les tableaux de reporting pour analyser les résultats de mes dernières actions. Espérant sans doute, inconsciemment, qu’en étant aussi bien cachée, sous un tas de feuilles Excel, au milieu de ma campagne, personne ne pourra me trouver ! Il faut dire qu’à première vue, les retours ne sont pas mirobolants, et que spontanément, je n’ai pas super envie qu’on vienne me demander des comptes. Pour un peu, je viendrais bien au bureau en tenue de camouflage… Je ramperais jusqu’à mon bureau en mode furtif… Mais je m’égare.
Les jours passent donc, et tous les matins, la boule au ventre, j’ouvre d’un clic hésitant, mes fichiers de reporting de la veille. Et comment dire ? Si mon avenir professionnel n’en dépendait pas, il y aurait presque de quoi rire devant un tel plantage ! Non seulement mes indicateurs ne décollent pas, mais ils semblent même solidement rivés au sol. Du coup, j’en suis venue à faire cinq constats fondamentaux.

Premier constat : on n’attrape pas des mouches avec du vinaigre !

Quand on dispose d’un contenu qui n’est manifestement pas adapté à nos objectifs, il ne faut pas s’attendre à réaliser une pêche miraculeuse. Bon, c’est sûr, je ne peux pas dire que je ne le savais pas, mais j’avais gardé, tout au fond de moi, une lueur d’espoir. La même, sans doute, que celle qui doit animer les marins qui partent à l’aube poser leurs filets dans un océan sans poissons… Et le soir venu, les lignes de mon tableau Excel, semblables aux mailles des filets de ces marins dépités, ne remontaient que deux pauvres prospects qui se battaient en duel, au bord de l’asphyxie. Pathétique. Merci Philippe ! ***

Deuxième constat : bien mal acquis ne profite jamais !

Le fichier hyper spécialisé sur les acteurs de la Défense, acheté dans la hâte et à prix d’or, ne vaut pas un caillou ! Délivrabilité ridicule, taux de rebonds vertigineux, taux de désabonnement de compétition, bref, sur cette base, tous les voyants sont au rouge.
J’ai même reçu en retour un mail incendiaire d’un Général qui me demandait d’arrêter de lui envoyer des dizaines de mails sur n’importe quel sujet sous peine de poursuites. Bon, apparemment, je n’étais pas la seule à utiliser ce fichier. J’ai finalement dû arrêter en catastrophe de l’utiliser après que notre DSI m’ait fait un mail assassin pour m’informer que nos serveurs allaient être blacklistés, si on continuait à envoyer du spam ! L’humiliation…

Troisième constat : tant va la cruche à l’eau qu’à la fin elle se casse…

Notre base de prospection gérée en interne manifeste des signes d’épuisement. Il faut avouer que je ne l’ai pas ménagée ces derniers jours. Entre les mails de pré-annonce, d’annonce, de rappel, de re-rappel, etc. Je vois mes indicateurs fétiches, taux d’ouverture, taux de clic, volume de leads obtenus, etc. chuter inexorablement. J’ai la désagréable sensation qu’au plus je parle à ma base, au moins elle m’écoute. (Tiens, ça me rappelle qu’il faut que j’aille chercher mes enfants chez la nounou ce soir !).

Quatrième constat : on n’échappe pas à son destin !

Retour de la pause déjeuner. J’ai mangé un sandwich, seule. Je n’avais pas envie de parler avec mes collègues, qui sans le vouloir, ne font que remuer le couteau dans la plaie, en me demandant si je m’en sors avec mes objectifs. Peu après, mon arrivée au bureau, Cyril, le directeur commercial, passe la tête par la porte : « Dis, Alice, tu sais que c’est des clients qu’on recrute, pas des stagiaires ! ». D’un air faussement surpris, je lui réponds « Ben, pourquoi tu dis ça ? ». « Parce que la majorité des leads que tu nous envoies ces derniers jours sont des stagiaires. Alors, ils téléchargent TON livre blanc, mais nous, on ne peut rien en tirer ». « Oui, enfin, Cyril, excuse-moi, mais ce n’est pas vraiment MON livre blanc. C’est juste que Philippe venait de le terminer et que j’ai pensé que ça pouvait intéresser nos cibles ! ». Et Cyril de répliquer ironique, avant de quitter le pas de ma porte : « Aaah, c’est la faute de Philippe ! ». Et là, flashback direct sur mon adolescence où mon père me répétait à chaque fois que j’essayais de justifier un retard, une mauvaise note, etc. : « Tu sais Alice, dans la vie, il y a ceux qui ont des résultats et ceux qui ont des excuses ! ». Là, pour le coup, je n’avais ni l’un ni l’autre.

Cinquième constat : quand on touche le fond de la piscine, il ne faut pas creuser !

A la vue de mes résultats, je ne vois vraiment pas comment je vais faire pour atteindre mes objectifs. J’en suis à un point où je n’ose même plus appuyer sur le bouton d’envoi de mes mailings. C’est quand même grave d’en arriver à la sensation d’être un boulet pour ses prospects. A ce moment-là, je ne sais pas trop pourquoi, j’ai repensé à la biographie d’Audrey Hepburn que j’ai lue récemment. Dans sa lettre d’adieu à ses enfants, elle a écrit : « Souviens-toi, si jamais tu as besoin d’une main secourable, tu en trouveras une au bout de chacun de tes bras ». J’ai regardé mes mains d’un air implorant, comme pour leur dire « Faites quelque chose ! ».

A suivre…

*** Philippe est l’auteur du livre blanc utilisé par Alice pour sa prospection. Lire le le billet.

Comment va réagir Alice pour essayer d’inverser la tendance ? Pour le découvrir, suivez son journal de bord sur ce blog. Une aventure à lire et partager toutes les deux semaines.

 

Découvrez l’extrait du ” Journal de Bord d’Alice, Marketeuse B2B au Pays du Big Data “