Alice au pays du big data | marketeuse B2B

Résumé des épisodes précédents :

Alice est marketeuse B2B chez un grand opérateur télécom. Après des résultats en berne en 2015, le Président du groupe a fixé des objectifs très ambitieux pour développer l’activité BtoB sur le premier semestre 2016 [Episode 1] . Pour tenter de les atteindre, Alice a mis en place un plan d’action de la dernière chance ! [Episode 2] . Mais les résultats ne sont pas au rendez-vous… [Episode 3] .

Bon, je crois que je peux le dire sans risque de me tromper, c’est la cata ! Le bilan des premières semaines de labourage intensif de mes bases de contacts est largement en dessous des objectifs qui m‘ont été fixés. Rien n’y fait et j’ai l’impression de n’avoir aucune prise sur la situation. Je ne sais plus par quel bout prendre les choses. Au plus je lance d’actions, au moins j’ai de résultats. Du coup, je suis convoquée par Cécile, la directrice marketing, pour « analyser la situation ». Elle aussi doit être en mode panique généralisée, car elle a des comptes à rendre sur mes résultats directement au Président. Et quand je dis que je suis convoquée pour « analyser la situation », je devrais plutôt dire pour me faire passer un savon ! Enfin, j’imagine…

La cérémonie des adieux

A la maison, j’essaie de ne pas parler de mes problèmes du bureau, même si ce n’est pas facile. Histoire de préserver ma petite famille. J’appréhende tellement ma rencontre avec Cécile que j’ai l’impression, ce matin, de devoir me mettre en route pour l’échafaud. Aussi, avant de partir pour le bureau, j’ai embrassé mes deux enfants et mon mari, comme si c’était la dernière fois. J’ai serré fort contre moi ma petite dernière. « Aïe ! Non, mais ça va pas ? Tu me fais mal ! Lâche-moi maintenant ! », a-t-elle crié en me repoussant énergiquement de ses petits bras. Puis, je les ai regardés par la fenêtre de la cuisine, partir tous les trois pour l’école d’un pas léger. Je me suis mise à pleurer. Les reverrai-je un jour ?

Le seuil d’incompétence

Arrivée au bureau, je me dis que j’ai peut-être un peu exagéré tout à l’heure avec ma cérémonie des adieux. Je ne joue quand même pas ma vie dans cette réunion, en tous cas pas personnelle… J’ai beau me répéter que ce n’est qu’une réunion comme les autres, que Cécile n’est pas un bourreau, etc. Rien n’y fait, c’est dans un quart d’heure maintenant et je suis morte de trouille. C’est bien sûr à cause des résultats, mais, en fait, ce qui me touche le plus, c’est que je n’ai aucune solution à proposer et que j’ai l’impression, pour la première fois de ma carrière, d’être incompétente, larguée, dépassée. Qu’est-ce que j’ai raté pour en arriver là ? Comment font les autres pour réussir ? Est-ce que ces foutus objectifs sont irréalistes ? Est-ce que nos solutions ne sont pas attractives ? Des questions, j’en ai à la pelle, pour les réponses…

THE réunion !

« Bonjour Cécile ». « Ah, c’est toi ! ». Ok, Cécile ne prend pas la peine de me dire bonjour. C’est un détail, mais ça n’augure rien de bon pour la suite. « Alors, j’ai reçu ton premier bilan sur les actions menées depuis la mise en place de tes nouveaux objectifs, c’est catastrophique. Comment veux-tu que je présente ça au Président ? ». Woaw, ça débute fort ! « Tu peux m’expliquer ce qui se passe ? ». Comment lui dire non, sans la braquer ? Je repense à mes enfants quittant la maison ce matin, et je reprends mon souffle difficilement après ce direct à l’estomac : « Ecoute, Cécile, je ne vais pas te mentir, je n’y arrive pas. Pourtant, je t’assure que j’y mets toute mon énergie, mais ça ne décolle pas. Je suis épuisée, démoralisée… Je suis nulle ! », et là, chose qu’en théorie on ne devrait jamais faire au bureau, je me mets à pleurer. Je craque. Il fallait que ça sorte de toute façon et advienne que pourra.

Le Président, je m’en occupe !

Du coup, décontenancée, Cécile change directement de ton : « Attend Alice, calme toi. Ne te met pas dans cet état. On va prendre les choses autrement. Je ne mets pas en doute ta bonne volonté, ni ton implication, ni même tes compétences. Je pense que c’est surtout une question de méthode ». J’essaie d’arrêter de pleurer, je renifle, je me mouche. Elégant devant son chef ! Cécile poursuit « Ce que je te propose, c’est que tu stoppes tes actions en cours et que tu prennes le temps de revoir tes méthodes et tes outils de travail. Qu’est-ce que tu en penses ? ». Je renifle encore, avant de lâcher un timide « et le Président ? ». « Ne t’inquiète pas pour le Président, je m’en occupe. Je vais lui expliquer qu’il faut qu’on revoie nos process sur le BtoB et que ça va prendre un peu de temps ». Elle marque une pause, avant de poursuivre « Allez, Alice, on ne se laisse pas abattre. Tiens, prends ton après-midi pour te reposer. Et demain matin, tu repars sur de nouvelles bases, OK ? ». OK. Je rentre chez moi. Je fais la sieste, jusqu’au retour des enfants de l’école. Je les embrasse. Ils résistent. Demain sera un autre jour …

A suivre…

Comment Alice va procéder pour revoir ses méthodes de travail ? Pour le découvrir, suivez son journal de bord sur ce blog. Une aventure à lire et partager toutes les deux semaines.
 

Découvrez l’extrait du ” Journal de Bord d’Alice, Marketeuse B2B au Pays du Big Data “